Eloïse Terrec, la patronne de la marche française…

Publié le 06/03/2021

Eloïse, après le 10 km face à l’élite, vous êtes titrée sur 3000 m, face à des espoirs talentueuses. Vous êtes la patronne de la marche française…

Cela confirme ce que j’avais réalisé à Albi : victoire en 45’25 sur 10 km. Mais c’était un peu chaud. Il a fallu que je me bouge, face à des filles un peu plus jeunes que moi… Cependant, Pauline Stefy a juste mené pendant deux tours (400 m), après j’ai pris la course à mon compte. En patronne, comme vous dites.

Avec ce chrono de 12'46"12, meilleure performance française de l’année, vous confirmez, aussi, votre changement de statut ?

J’avais fait un test, lundi dernier, sur les bases de 12’45". Je connaissais donc mon niveau. Derrière moi, les filles étaient à fond : Pauline Stefy en 12’48’’98 et Camille Moutard en 12’51’’89. S’il y avait eu une fille devant moi en 12’40, j’aurais pu la suivre !

Vous n’avez pas encore 23 ans. Pauline, Camille mais aussi Maële, votre sœur, quatrième en 13’05’’33 vont avoir 20 ans. Finalement, vous êtes de la même génération.

J’ai été espoir, comme elles, et il était temps que je « casse » cette barre des 13 minutes. Cela confirme l’image que j’avais laissée sur 10 km, où j’étais la meilleure Française, l’an passé.

Même si le 3000 m et le 10 km n’ont rien à voir avec le 20 km, cela vous conforte, aussi, dans vos prétentions olympiques…

C’est la prochaine étape. Il faudra que je montre qui je suis sur 20 km. Je l’ai déjà montré en espoirs (1 h 35’15 en 2019). Je n’avais que 20 ans. Maintenant, je suis senior et encore une fois, il faut que je me bouge. Je suis sur listes ministérielles, mais les sélections en équipe de France ne se font pas toutes seules. Il faut s’accrocher, mais j’ai hâte de m’exprimer sur 20 km.

Les minima olympiques sont en 1 h 31’. Vous avez une idée de votre calendrier ?

En France, c’est dans le flou. Si rien ne se précise, je pense que j’irai au Portugal, le 10 avril 2021. Il y a une compétition internationale, le Grand Prix de Rio Maior, avec de nombreuses étrangères. Cela peut être intéressant de se confronter à une élite pour faire une performance.

Peut-on dire que ce 12’46 sur 3000 m est un excellent temps de passage dans votre préparation…

Ce n’est qu’une compétition. Si j’arrive à tenir ce rythme sur 20 km, ce serait très chaud, même hard. Sur 3000 m, j’ai tourné en 4’15 au kilomètre. Sur 20 bornes, pour faire 1 h 31, il faut marcher en 4’32, j’ai une marge de sécurité, mais il faut que je me bouge à l’entraînement.

« Il faut que je me bouge », c’est définitivement votre phrase titre, cet hiver…

Rires… Oui, mais parce que je sais que j’ai beaucoup de travail à faire sur 20 km. Aujourd’hui, c’était juste une étape dans la préparation. Histoire de remettre un dossard, de se faire plaisir sur de la vitesse.

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